LE MAL DONT SOUFFRE NOTRE PAYS

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LE MAL DONT SOUFFRE NOTRE PAYS

DECOUVRONS ENSEMBLE LA CHRONIQUE DE CE MERCREDI 3 JUILLET 2019

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LE MAL DONT SOUFFRE NOTRE PAYS

Prions pour notre pays le Bénin

« Elève-nous au-dessus de tout sentiment de région, de race, de jalousie, de vengeance ou de règlement de compte ».

Notre mal chronique est ainsi présenté au Seigneur, l’aveuglement par la logique de région, de race, de jalousie, de vengeance ou de règlement de compte.

Régions, races, ethnies et tribus constituent des déterminants essentiels pour tout homme. Elles participent à la constitution humaine et expriment à leur manière, la variante des traits humains et donc la richesse des peuples. Mais il est dangereux de les absolutiser au point d’en faire la norme imparable. Dans le cas échéant, les vrais débats et enjeux sérieux sont alors vite régionalisés, racialisés, ethnicisés et tribalisés. La bonté ou la méchanceté seraient-elles automatiquement relatives à l’appartenance à tel ou tel terroir ? Je ne crois pas. Sans renoncer aux valeurs culturelles qui nous portent et constituent la richesse de notre vivre-ensemble, nous devons aimer aussi celles des autres. Nous avons donc un urgent besoin de déprogrammation de ces formes d’égoïsme socio-culturel, souvent doublées par le mal de la jalousie.

La jalousie est la matrice de ce que nous appelons la sorcellerie. Elle justifie toutes les méchancetés les plus sordides et les plus irrationnelles. Elle rumine ainsi souvent ses propos : « Jamais lui. C’est l’enfant de quand ? Il faut l’anéantir. Il faut abîmer ses affaires ». La jalousie a l’imagination féconde en gamme maléfique. Elle est une peste soutenue par des pratiques aussi occultes que modernes comme par exemple le recours aux positions de pouvoir pour faire mal.

De leur côté, vengeance et règlement de compte constituent deux gangrènes qui paralysent notre vivre-ensemble. Une bonne évaluation de notre parcours national révèlera certainement que ces maux ont souvent rythmé jusqu’à nos jours, et malheureusement hier moins qu’aujourd’hui, nos choix et lois, nos politiques et décisions. Ils ont pour dénominateur commun la haine. Mais « la haine est aussi néfaste à la personne qui hait. Comme un cancer caché, elle corrode la personnalité et abolit l’unité vitale. La haine détruit en l’homme le sens des valeurs et l’objectivité. Elle le conduit à décrire le beau comme laid et le laid comme beau, à confondre le vrai avec le faux et le faux avec le vrai »[1]. L’esprit de vengeance ou de répartie ne règle rien ; au contraire, il rend permanente la haine, il provoque une spirale de violences. La haine appelle la haine. L’histoire ancienne et contemporaine offre le récit de ces peuples qui se sont décimés pour s’être abandonnés à la haine atavique et à la violence qui en dégénère.

Le Bénin ne survivra que si nous opposons, individuellement et collectivement au sentiment de vengeance et de haine, la capacité d’aimer. Martin Luther King soulignait à cet effet : « L’amour est la seule force capable de transformer un ennemi en ami. Nous ne nous débarrassons jamais d’un ennemi en opposant la haine à la haine ; nous nous débarrassons d’un ennemi en nous débarrassant de l’inimitié. Par sa nature, la haine ruine et détruit ; par sa nature même, l’amour crée et construit. L’amour transforme par sa puissance rédemptrice ».[2] Avec l’amour, nous devenons capables comme Lincoln à qui on reprochait d’avoir une parole bienveillante envers des ennemis, d’avouer nous aussi à des ennemis ou adversaires : « haïssez-nous, nous continuerons de vous aimer ». « N’est-ce pas détruire mes ennemis que d’en faire des amis ? »

Ces mots de Napoléon Bonaparte, grand génie militaire, pourrait inspirer tous ceux et toutes celles qui détiennent quelque autorité : « Alexandre, César, Charlemagne et moi avons construit de grands empires, de quoi ont-ils dépendu ? De la force. Or il y a des siècles, Jésus inaugura un empire bâti sur l’amour et de nos jours encore des millions d’hommes voudraient mourir pour lui ».

[1] – M. LUTHER KING, La force d’aimer, (traduction de Jean BRULS) Casterman, Paris 1964, 68.

[2] – id., 69.

By |2019-07-03T18:27:06+00:00juillet 3rd, 2019|Blog|0 Comments

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