Quelles lois pour quelle République ?

//Quelles lois pour quelle République ?

Quelles lois pour quelle République ?

DECOUVRONS ENSEMBLE LA CHRONIQUE DE CE 24 JUILLET 2019

Ecoutons l’audio juste ici

Le PDF en téléchargement

http://lnx.fondation-afrique-esperance.org/wp-content/uploads/2019/07/Quelles-lois-pour-quelle-République.pdf

 

Lisons l’intégralité de la chronique

Quelles lois pour quelle République ?

« Eclaire nos dirigeants ; inspire-leur les lois et les dispositions qui tiennent compte de toi et qui respectent chacun dans sa personne, dans ses droits, dans ses obligations et aspirations ».
La crise socio-politique nationale de ces derniers mois, une crise qui dure et perdure et dont nous souhaitons une rapide fin heureuse, sur fond de dialogue, de consensus et de sincérité autour de la vérité et de la justice, au service de la paix (cette crise donc) souligne la pertinence de cette demande de notre prière pour le Bénin. Nous supplions le Seigneur pour la qualité des lois et dispositions qui régissent la vie de notre Nation.

La loi est indispensable pour la vie en société ; sans elle, l’Etat sombre dans l’anarchie et perd ainsi sa raison d’être. Mais la paix et la stabilité du peuple dépendent de lois et dispositions justes, aussi bien dans le mécanisme de leur légifération que dans la modalité de leur mise en application. Une loi qui garantit la paix sociale respecte chacun dans sa personne, dans ses droits, obligations et aspirations. Une telle loi tient compte de Dieu. Une loi qui promet ou promeut la mort ou des crises n’est digne ni de l’homme ni de Dieu.

Ne nous sommes-nous pas plutôt habituées à voter et à appliquer des lois qui, au lieu d’être impersonnelles ou de régler de vrais problèmes, visent plutôt à exclure et donc taillées sur mesure ? Or la loi doit d’abord viser le bien de la personne humaine. Celle-ci, même la plus coupable, est sacrée et inviolable, comme l’exprime clairement notre historique constitution du 11 décembre 1990. Le caractère sacré de la personne humaine s’y trouve exprimé, déjà depuis les préambules : « les droits fondamentaux de l’Homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle, que spirituelle ». Le caractère sacré de la personne humaine est largement développé au titre 2, après celui des attributs de l’Etat et des sources de sa souveraineté. L’objectif de l’Etat est donc de préserver la personne humaine. Les services d’Etat, les différents pouvoirs, présentés seulement au titre 3, sont alors destinés à être au service de la personne humaine. Pour chaque droit est indiqué comment l’Etat doit aider chaque homme et chaque femme à en jouir et les conditions exceptionnelles de leur restriction, toujours dans le respect du caractère sacré de chaque personne : « La personne humaine est sacrée et inviolable ». Elle a droit à la santé, à l’éducation, à la culture, à l’information, à la formation professionnelle et à l’emploi (article 8) ; au développement et au plein épanouissement de sa personne dans ses dimensions matérielle, temporelle, intellectuelle et spirituelle sans nuire aux autres (article 9), à la culture (article 10), à l’éducation (articles 11-14) ; à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne (article 15) ; au secret de la correspondance et des communications (article 21) ; à la propriété privée (article 22) ; à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d’opinion et d’expression ; à la liberté d’aller et venir, à la liberté d’association, de réunion, de cortège et de manifestation (article 25) ; à un environnement saint (articles 26-29) ; au travail (article 30) ; à la réclamation de ses droits par la grève (article 31). La personne humaine, citoyen ou citoyenne, ne peut être contrainte à l’exil (article 16) ou soumise à la torture. Tout accusé jouit de la présomption d’innocence jusqu’à l’établissement de sa culpabilité par un jugement public (article 17) ; un détenu ou prévenu ne peut être empêché de se faire examiner par un médecin de son choix (article 18). « Le domicile est inviolable » (article 20). « Toutes les personnes sont égales » (article 26).

La jouissance de ces droits est la norme ; leur non-jouissance, encadrée par les conditions prévues par la loi, reste l’exception. L’Etat et ses services, à travers des lois et dispositions justes, doivent alors assurer la jouissance de ces droits.

Voilà, au regard même de notre constitution, ce à quoi engage notre prière pour des lois et dispositions justes. Celle-ci intègre donc les personnes qui prennent et votent les lois. Quelles dynamiques et motivations portent le vote de nos lois ? Leur vote est-il intéressé ou désintéressé ? La paix dépend de la qualité des lois, qui ne devraient pas être votées les yeux fermés ou simplement sur ordre. Le peuple doit garder en mémoire celles et ceux qui ont voté et avisé certaines de nos lois. Ailleurs, les noms des personnes sont liés, pour la postérité, aux lois qu’elles promeuvent. Notre prière intègre la responsabilité de ceux qui vérifient la constitutionnalité des lois et de ceux qui appliquent les lois : la personne humaine est sacrée et inviolable. Le bien du peuple d’abord et non le bien d’un clan. La protection du bien commun d’abord et non celle des intérêts privés. Cet avis de saint Augustin est encore actuel : « Remota itaque iustitia quid sunt regna nisi magna latrocinia » « Un État qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens ».

By |2019-07-24T19:51:45+00:00juillet 24th, 2019|Blog|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment